PAGES BLANCHES

 

Buste de Socrate. Musée du Louvre. Photo: Eric GABA (Sting)

Ὁ Σωκράτηϛ

Γνῶθι σεαυτόν

Un des préceptes inscrits au fronton du Temple de Delphes où la Pythie rendait ses oracles, paroles incohérentes recueillies et transposées en vers ou en prose par ses prophètes, qu’interprétaient ensuite des exégètes à l’usage de ceux venus la questionner.


“Connais-toi toi-même!” ce précepte si cher à Socrate qui prétendait ne rien savoir au contraire des sophistes, lui qui n’a jamais écrit et dont les seules interrogations permettaient à ses interlocuteurs de découvrir l’inanité de leurs paroles.


“Connais-toi toi-même!”, quoi, mieux qu’une page blanche et vide des mots qui la rempliront au gré de la pensée, peut aujourd’hui, dans un siècle dominé par tant de discours futiles, faire en sorte que l’esprit accouche de ce que nous enfantons au plus profond de nous-même?


Ces pages blanches sont le support éphémère où viennent se poser mes doutes, mes rêves, mes notes, mes humeurs, en un mot mes réflexions.